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Résidence d'artiste

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L’artiste Bruno Allain est en résidence au lycée Chennevière-Malézieux sur l’année scolaire 2017-2018. Par l’écriture, les arts plastiques, le théâtre… et avec la connivence des enseignants, il cherche et accompagne les lycéens à expliciter ce qu’est le présent et ce que signifie l’expression « vivre au présent »...
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Avec la classe des "3è prépapro", nous avons proposé avec monsieur Duchesnes, leur professeur d'arts appliqués, un travail singulier sur le présent. Nous leur avons donné des photocopies d'une quinzaine de photos en noir et blanc. Ils devaient en choisir deux et imaginer quel pouvait être "le présent" entre les deux photos choisies, à la fois par l'écriture, à la fois par la mise en place de l'ensemble sur une feuille A3. Voici un aperçu de leur travail.












                                        


 
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Je poursuis mon travail de compagnonnage avec la classe d'accueil UPE2A NSA, des jeunes gens arrivés en France depuis peu. Je passe un matin à l'improviste et nous décidons d'écrire un texte collectif qui serait leur trajet pour venir au lycée. Ils dictent et j'écris au tableau. Voici ce que ça donne, volontairement il n'y a pas de ponctuation en fin de ligne :
 
Je sors du foyer, de l’hôtel, de l’appartement
Je marche
Je vois des voitures, des vélos, des gens, les femmes, le ciel, la police
Je traverse la route
Je vois aussi des enfants qui traversent la route
Une dame ou un monsieur en gilet orange stoppe la circulation en écartant les mains
J’entends les voix des femmes, des hommes
La sirène des pompiers
C’est comme le SAMU
Il fait froid
A la limite
Trop
Je ferme le manteau, je me protège avec des gants, une écharpe
Je réfléchis à l’exercice, à ce que je veux apprendre
Je cours, entre dans le métro, vite, je suis en retard
Je vois ceux qui reviennent du travail quand moi je vais au lycée
 
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27 novembre 2017. Je passe devant la permanence. Un élève est là tout seul, la tête posée sur la table, liquide, en attente. J'apprends qu'il a été renvoyé de cours. Je lui demande de me suivre. Nous voilà dans mon bureau.
Nous nous connaissons, je suis déjà intervenu dans sa classe. Pourquoi s'est-il fait virer ? Début de cours, il répond à un camarade qui se moque de lui et ça lui tombe dessus.
Tu trouves ça injuste ?
Oui.
Sans doute tu as raison, c'est injuste. Mais ton professeur aussi a raison. Si tu réponds plus fort à une moquerie, l'autre va répondre encore plus fort, toi tu vas lui mettre ton poing dans la figure, lui sortir un couteau, toi une kalachnikov, il faut que ça s'arrête. Ton professeur a dit : ça suffit. Il stoppe le processus en te renvoyant de cours, il a raison, ce n'est pas son problème de savoir qui a commencé. 
Je l'interroge pour obtenir des détails. Lors de l'altercation, il avait encore les écouteurs dans les oreilles. Le professeur en avait fait la remarque et un élève avait lancé : tu te crois chez toi ? Il avait alors répondu en soninke. Je comprends que c'est aussi une des raisons pour laquelle le professeur a renvoyé l'élève. En cours, on échange en français, pas en soninke. Le soninke est une langue que l'on parle au Mali. Les lycéens originaires de ce pays sont nombreux dans l'établissement et s'invectivent souvent dans la cour dans cette langue.
Je lui indique qu'on n'entre pas en cours avec les écouteurs dans les oreilles, qu'une telle attitude l'a amené à être viré, que du coup il ne profite pas de l'enseignement... et me voilà dans une diatribe sur les bienfaits de l'éducation et sur le fait qu'avec ces écouteurs en réalité il se bouche les oreilles... etc... Un rien moralisateur... Trop sans doute... Je reviens sur le soninké.
Tu es d'origine malienne ?
Oui
Tu es né en France
Non
Tu es à Paris depuis quand?                                                Réalisations de l'atelier de chaudronnerie
2016
Tu es venu comment ?
Par la Lybie
Son regard change. Le mien aussi. Je repense aux articles récents sur la recrudescence de l'esclavage, je revois les images de bateaux surchargés au milieu de la méditerranée, j'entends les voix de certains migrants interviewés. Le visage devant moi n'est pas dans un écran. C'est celui de A. Le brouhaha médiatique, en fait irréel, s'efface devant la réalité de son regard.
Je me sens décalé avec ma morale et en même temps exactement à ma place dans le rôle que je tiens en tant qu'artiste dans le lycée.
Je lui demande s'il veut bien écrire quelques mots sur le voyage qui l'a conduit jusqu'ici. Il acquiesce. Il a cependant une hésitation. Je suppose que c'est en raison d'une difficulté à écrire. Je lui dis que je me fiche des fautes d'orthographe, des tournures impropres...etc... Ce qui importe, c'est ce qu'il raconte. Je l'invite à s'y mettre. Volontairement je m'active à autre chose sur l'ordinateur pour le laisser dans sa bulle. Je sens que c'est difficile. Au bout de cinq phrases, il s'arrête.
J'ai fini
OK
Nous lisons. Plus exactement nous déchiffrons. Hormis les deux premiers mots "Je veux" tout le reste du texte est illisible : syllabes inversées, consonnes inappropriées, mots découpés au mauvais endroit. A. n'a pas appris à écrire au Mali. Du coup, on revient sur chaque mot, on les écrit correctement, j'essaie systématiquement de lui expliquer pourquoi il en est ainsi.
 
Son texte :
 
Je suis malien
Je veux raconter mon histoire
Lybie
J'ai pris des bateaux pour venir en Italie
Ils ont frappé
On était dans la galère
Maintenant ça va
Tout ceci c'est A.
 
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Le 16 novembre dernier, j'ai travaillé avec une classe de BTS et leur professeur d'enseignement général, monsieur Ortali. Nous nous sommes interrogés sur les liens entre sport (un de leurs objets d'étude) et présent, en particulier sur ce que les basketteurs appellent "money time". En dernière partie de séance, nous leur avons demandé d'évoquer un moment de leur vie où ils avaient ressenti le présent avec une acuité accrue.

Voici quelques textes :

         "J'ai 15 ans, cela fait maintenant cinq mois que je pratique le roller freestyle (acrobatique). En plein mois de juin, dans mon skatepark habituel, le soleil frappe le sol blanc qui se reflète douloureusement dans mes yeux. Il fait chaud et il n'y a que peu de vent. Je me retrouve sur la plus grande rampe et je stresse. Je m'apprête à faire mon premier backflip (salto arrière). Il fait chaud et pourtant je frissonne. Mon ventre se contracte et très vite une boule se crée à l'intérieur. L'atmosphère devient oppressante. Un ami m'encourage et me motive. Je prends une grande inspiration. Dès lors je n'entends plus rien, ni mon ami qui me parle, ni les autres bruits dans le skatepark. Je décide d'y aller, je me lance dans la rampe, investi d'une détermination et d'une envie débordante qui absorbe ma peur et la fait disparaître. Je sens le vent tout en prenant de la vitesse. J'arrive dans la rampe afin de me propulser en l'air, je tire ma tête vers l'arrière et je remonte les bras dans le but d'enclencher ma rotation. Mes pieds décollent. Dès lors le temps ralentit, presque comme s'il s'arrêtait. Je suis littéralement à l'envers en l'air. J'entrevois mon ami sur la rampe où je me trouvais. Je me sens libre, libéré de toutes les contraintes de la vie. Malgré le stress accumulé, toute cette pression, je me sens bien, je comprends que j'ai beaucoup de chance d'être là, maintenant, à l'instant présent, de ressentir le vent, le soleil qui tape sur ma peau, le bruit autour de moi. Ce moment qui ne devait durer que quelques secondes me paraît beaucoup plus long que ce qu'il est vraiment. Dès que j'aperçois le sol où je dois me réceptionner, le moment prend fin. Je reviens à la réalité, le temps s'accélère, comme si j'entrais à nouveau dans la bulle de la vie d'où je m'étais extirpé pour atterrir avec fracas et douleurs sur le sol chaud du skatepark."
 
 
         "Je suis sur une île au sable blanc. Autour de moi, il n'y a personne. Je vois au loin une autre île où il y a de la civilisation. Je crie, je hurle, j'essaie de me faire remarquer pour la rejoindre mais c'est sans espoir. Je décide de trouver une solution : je ne veux pas être seul. Je marche, le sable chaud sur mes pieds, avec la peur de cette eau froide et très bleue. Je réfléchis avant de me lancer. Là je nage. Je me rends compte que c'est sans espoir. J'insiste, trois ou quatre mouvements encore, et soudain je me sens englouti par l'eau avec la peur en moi. Je me débats, je crie, je vois une nuance de couleurs bleues autour, je disparais dans cette nuance. Et je me retrouve sur l'île où je voulais être. Sauf que la civilisation au loin n'est plus présente. Et c'est là que je ressens le présent alors que ce n'est qu'un rêve."
 
 
         "C'est un après-midi de printemps. Depuis que je suis déscolarisé, mes journées sont bien monotones. J'évite de penser au moment présent en m'occupant l'esprit avec des jeux vidéos. Aujourd'hui c'est différent. Mes jeux ne m'intéressent plus. Il n'y a personne à qui parler sur internet et rien à regarder sur YouTube. Je ressens un ennui profond. Que faire du reste de ma journée ? Je me lève de ma chaise de bureau. J'ai mal au dos. Je me dirige vers ma fenêtre ouverte pour observer le jardin. C'est vrai qu'il est joli au printemps. Le gazon est vert foncé, l'érable devant ma fenêtre a de nouveau des feuilles après l'hiver. Le lierre recouvre complètement le mur du fond. Le ciel est bleu avec quelques nuages. Une légère brise me souffle au visage. Je reste debout quelques minutes puis je retourne à mon bureau. Peut-être que les choses sont devenues intéressantes..."
 
 
         "J'ai 19 ans. Après une journée mondaine de cours, je sors de l'établissement à 15 heures. Il fait chaud, le soleil est brûlan
t. Je me dirige vers le RER et l'attends comme tous les jours. Soudain un klaxon sonne très fort et attire mon attention.
         Il s'agit du train d'en face, une ligne directe lancée à plus de 150 kms/h. Un homme assis, juste sur les rails, disparaît sous le train. Je crois à un trompe-l'oeil. Puis je remarque un doigt, un foie, quelques muscles déchirés, une jambe sectionnée et du gravillon teinté de sang.
         L'homme est éparpillé sur plus de cinquante mètres. Tout ce qu'il en reste est un tronc sans jambes, ni bras, ni tête. Le soleil frappe cette scène macabre et laisse peser une ambiance de mort. Ça me prend à la gorge. Je n'ai pas l'impression de voir une vie disparaître, juste de la viande se faire hachée. C'est soutenu. Depuis je trouve qu'on ressemble à du boeuf."
Textes exposés au lycée
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Je continue mon enquête sur le présent. Quand je m'adresse aux élèves, dans la cour ou à la maison des lycéens, ils se demandent ce qui peut bien m'intéresser dans ce questionnement sur le présent. Petit à petit, certains se prennent au jeu. Par exemple :
 
Sow écoute de la musique avec ses écouteurs.
- Il ne connaît pas les paroles. Donc pour lui ça vient du futur et ça passe, dit l'un.
- Pourtant la musique est enregistrée, donc c'est du passé, ajoute un autre...
 
Ci-dessous des extraits de cette récolte ainsi que des éléments de réponse à la question "qu'est-ce que vivre au présent ?" par les lycéens :
Ne pas avoir de regret.
Si on veut quelque chose, y aller.
En vacances, on vit plus le présent. On fait davantage ce dont on a envie. On fait des trucs qu'on découvre. Le présent, c'est découvrir.
Le présent c'est quelque chose qui passe
Le présent c'est l'action, c'est là que tout se passe.
Il peut y avoir une action au passé, c'est un souvenir, une histoire.
On ne peut pas saisir le présent.
On n'a qu'une seule vie.
On ne peut pas vivre le présent. Rien que le fait d'y penser, il est déjà passé. Il est toujours trop tard.
Quand je parle, c'est au présent. Quand je respire, c'est au présent.
Respirer c'est intemporel.
S'afficher, ce n'est pas bien. Pour personne. Ni pour celui qui s'affiche, ni pour celui qui regarde. C'est exposer sa vie privée. C'est dérangeant.
Moi, sur facebook, je relaie des infos de foot. C'est tout.
Les seuls moments de vie au présent, ce sont les impulsions. Pour vivre normalement il faut réfléchir. Ce n'est plus vivre au présent. Le regard de l'autre pousse à réfléchir. On réfléchit aux risques avant quelque chose. Les lois, ça évite qu'on vive sous les impulsions.
Le présent, c'est tout ce que l'on fait pour préparer le futur.
Le présent, c'est une circonstance. Par exemple, je suis en permanence parce que j'étais en retard. Le présent, je me trouve brusquement dedans. Dans ce sens, le présent, c'est l'imprévu. Presque.
Oui profiter du moment présent mais avoir un petit temps d'avance. On ne sait pas ce que le futur nous réserve, il faut prévoir. Le futur, pour moi, on peut le changer. Il y a plein de paramètres qu'on peut modifier.
Le présent, c'est que le monde part en couille. Regardez le type de Las Vegas. Et c'est partout pareil.
Le présent, c'est s'intéresser au monde, pas seulement par la télé, internet et tout ça, mais aussi par les voyages...
Vivre au présent, c'est ressentir la vie.
Vivre au présent, c'est ne pas rêver.
Vivre au présent, c'est ne pas être en hauteur.
Vivre au présent, c'est vivre tout ce qui se passe.
Vivre au présent, c'est rester soi-même.
Si on pense tout le temps, on devient fou.
Vivre au présent, c'est réfléchir avant d'agir. C'est aussi agir. C'est les deux.
Le présent, c'est aujourd'hui.
S'il n'y a pas de futur, on est mort. Le présent, c'est la preuve de la vie.
Vivre au présent, c'est faire les bons choix.

Le présent, c'est être là. On fait l'appel, je dis : présent.
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Dans le cadre de ma résidence au lycée Chennevière-Malézieux sur le thème du présent, je passe souvent en permanence et je discute avec les élèves présents. Le 28 septembre, il y a J- affalé sur une table. Il s'est fait exclure de cours, il ne veut pas travailler, juste sortir du lycée. Comment le convaincre? Un ouvrier en pleine action de l'autre côté de la baie vitrée m'en donne l'occasion.
Saisissons le présent. Je parlemente. Finalement, J- dicte, je note.
 
- Tranquille tranquille... Pousse, ouais... merde, fais chier !
Ça résonne dans le trou.
- Surtout ne bouge pas ! De là, je n'arrive pas à le chopper.
Chaussures de sécurité, pantalon gris, taille dénudée, le cul en l'air vers le haut. Tout le reste du corps jusqu'aux hanches disparaît dans le trou.
Il plie les jambes. Ses pieds touchent ses fesses. On se demande s'il ne va pas tomber. Qu'est-ce qu'il fait ?
- Laisse une longueur d'un mètre et on n'en parle plus.
Il est dans une cour intérieure, sorte de terrasse. Il y a un arbre tout mort, peu de feuilles.
Il répète : "Fais chier, merde!"
Il ressort du trou KO. Il a la tête toute rouge. Il reprend son souffle.
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Bruno Allain, écrivain, acteur et plasticien, est en résidence territoriale au Lycée Professionnel Chennevière-Malézieux. Il avait effectué une telle résidence en 2014-2015 alors que commençait la démolition de l'ancien lycée. Aujourd'hui les travaux de reconstruction sont presque terminés. On en est à la touche finale.
Passerelle entre passé et futur, Bruno Allain a choisi le présent comme thème de cette résidence. Qu'est-ce que le présent ? Qu'est-ce que vivre au présent ?
On imagine aisément comment cette thématique peut se décliner selon les enseignements...
Depuis son arrivée, Bruno Allain interroge les lycéens sur le présent. Une séquence qu'il appelle pêche à la ligne... En voici quelques extraits recueillis entre le 18 et le 28 septembre 2017 :
 
Le présent ? Comment le vivre pleinement ? Et ce qu'on doit faire ?
Le présent ? C'est une conjugaison. Quelque chose qui se produit sur le moment. Vivre l'instant t !
Le présent c'est être là. Présent et présence, ce n'est pas pareil. Au téléphone portable, suis-je au présent, suis-je présent ?
Le présent, ce sont les actualités.
C'est vivre au jour le jour.

Dès qu'on parle du présent, c'est le passé. Vaut mieux ne pas penser...
Il faut vivre au présent sinon on n'avance pas. Il y en a qui sont toujours dans le passé...
Les historiens travaillent pour qu'on évite de faire les mêmes erreurs.
Tu es raciste, toi, alors t'as appris quoi ?
Paris, c'est un gros ballon de stress. Personne ne dit bonjour.
Le présent, c'est mieux quand il y a des échanges. On peut dire : le présent, c'est l'échange.
Le présent est une machine à transformation, il se transforme en passé. Le présent, ce sont des déchets.

 
Le présent, c'est ce qui se passe tout de suite.
Le présent, il y en a plein. Ici ou ailleurs, il se passe d'autres choses.
Vivre au présent, c'est oublier ce qui s'est passé et regarder vers le futur. J'ai des archives personnelles dans ma tête. Il y a des trucs qu'on peut oublier : par exemple, quelqu'un qui t'a fait du mal. Mais les bons souvenirs, ceux-là, il faut les garder. La classe de CAP était très amusante. On partageait beaucoup de choses en commun, même des sorties hors du lycée. Avec certains, on se revoit encore.
 
Le présent, c'est vivre le moment tout de suite. Ne pas regretter ce qu'on fait.
On discute en ce moment, c'est le présent. Tout à l'heure, je serai en cours, ce sera le présent et notre discussion le passé.
Comment attraper le présent ? On ne peut pas. En vacances, le présent, ça peut être se préparer pour une soirée, prendre la douche, s'habiller... Et le lendemain le présent c'est aller à la plage. Tu oublies le passé, ce qui s'est produit pendant la soirée. Le présent c'est regarder devant et penser à ce qu'on a fait derrière...
Ne pas trop réfléchir au futur ni penser au passé pour ne pas avoir trop de problèmes dans la tête.
On peut mourir à tout moment. Le coeur peut s'arrêter. Il faut savourer chaque minute de temps.
Le présent, ça a quelle durée ? Ça commence et ça s'arrête où ?
 
Le présent, c'est le monde qu'on vit maintenant. On est au courant de ce qui se passe partout. Il y a des conflits... etc...
Là on est dans le présent. C'est une frontière. Elle change. Il y a des choses qui évoluent, des choses qui se passent en même temps.
Le présent, ça dépend du mouvement, ça dépend de ce en quoi on croit.
 
Le présent est différent pour chacun, enfin pas totalement, ça se ressemble mais ce n'est pas du tout pareil. Ce sont les mêmes événements mais ils sont vécus différemment. On n'était pas d'accord sur un match. Moi, j'étais sûr que la Juve avait mieux joué que le Barça. Les autres non.
Le présent c'est maintenant.
Le présent c'est avoir faim.
 
Au présent, on se projette dans le futur. Moi par exemple j'espère devenir footballeur professionnel et avoir mon BTS.
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Nous avons deux temps fort concernant la résidence à l’extérieur du lycée. Le premier est le vernissage de l’exposition "En regard » le 2 mai où seront présentés écritures et dessins d’élèves du lycée. Le deuxième est la représentation le 5 mai, à 15h au conservatoire Paul Dukas du 12è, des écrits des lycéens sur le présent par les élèves de la classe d’art dramatique.
Ce sont deux moments importants où le travail des élèves est mis en valeur par « d’autres ». Je vous encourage bien sûr à venir voir et écouter.
 

 

Dans le cadre de la résidence de Bruno Allain au lycée professionnel Chennevière-Malézieux, nous avons cherché à montrer le travail des élèves à l'extérieur. Ainsi, le CRTH-acte 21 et la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 12è nous reçoivent pour une exposition intitulée "En Regard" du 27 avril au 21 mai 2018. 
Y seront dévoilés des textes et des dessins de lycéens, en compagnie de quelques-unes des oeuvres de Bruno Allain de la série « Cri Monde".

Ci-dessous l'invitation au vernissage le 2 mai à partir de 19h30, 181 avenue Daumesnil 75012 Paris


 

Dans le cadre de ma résidence au lycée Chennevière-Malézieux, je suis allé à la rencontre de la classe d'art dramatique de Carole Bergen au conservatoire du 12ème arrondissement. Nous avons ainsi tissé un partenariat : les acteurs en herbe sont venus au lycée dire des poèmes de leur choix, des lycéens sont allés voir leur carte blanche fin 2017. 
Je leur ai transmis les textes écrits par les lycéens sur le thème du présent. Depuis le mois de janvier, ils les travaillent et le samedi 5 mai ils proposent un spectacle à partir de ces textes. C'est au conservatoire Paul Dukas à 15h, 51 rue Jorge Semprun 75012 Paris.
Allez les voir.
La classe est particulièrement enthousiaste et inventive. Je suis persuadé que nous allons être heureusement surpris.
Bruno Allain